Le crabe bleu ou la grande menace écologique !

C’est une des espèces nouvellement introduites au Golfe de Gabès. Les ressources halieutiques sont en danger et La colère des pêcheurs monte devant l’absence d’explications convaincantes de ce phénomène par les diverses administrations du secteur.

Ces pêcheurs se trouvent, socialement, très gravement touchés : endommagement des filets de pêche, pertes des revenus et la nette diminution des poissons, où un grand manque à gagner. Les eaux de ballast sont la principale cause devant ce danger catastrophique.

Qu’entendons-nous d’eau de ballast ?

Les grands navires, aux gigantesques citernes, venant de tous les coins du monde, de l’Asie, de l’Afrique, de l’Europe ou des Amériques et qui accostent aux ports de Zarzis, Gabès, Skhira, Sfax, Tunis et Bizerte, essentiellement des pétroliers, remplissent leurs citernes ou dites aussi cales par des eaux prises du dernier port d’escale, car un navire vide est plus haut sur l’eau, il consomme plus de carburant et mettra plus de temps pour naviguer dans ses traversées maritimes.

En arrivant dans les eaux tunisiennes et souvent dans les ports même, le navire vide ses citernes de ces eaux, nous ramène ainsi dans notre mer et nos ports des bactéries, des microbes, des larves de poissons et autres espèces aquatiques comme le crabe bleu.

Il est nécessaire de vous rappeler que :

1658 espèces vivent dans les eaux du Golfe de Gabès. 14,8% de l’ensemble identifiées en Méditerranée.
Le Golfe comprend 42,5% des vertébrés de la Méditerranée.

Les scientifiques, faculté des sciences de Sfax, l’ont bien remarqué que de nouvelles espèces gagnent nos eaux, d’où de nouvelles menaces, les spécialistes internationaux parlent déjà de la 6ème crise d’extinction mondiale est en cours par ces nouvelles espèces marines invasives.

Les activités humaines et les eaux de ballast sont les vecteurs des mouvements transocéaniques et interocéaniques d’organismes aquatiques, responsables des introductions des maladies, des bactéries et des virus dans le système marin.

jusqu’à 2012, 158 espèces étrangères recensées au golfe de Gabès sont introduites par les eaux de ballast qui se sont mises en compétition avec les espèces autochtones et qui sont menacées d’exterminations pour de nombreux d’elles. Comme la nouvelle crevette blanche dite مقلوبة originaire des autres océans asiatiques qui prend la place de notre crevette royale !

C’est le cas aussi pour d’autres espèces dont le poisson lapin, venimeux, que les pêcheurs ne connaissent jamais avant les 10 années passées.

Pire encore, la grande multiplication du crabe bleu dans le Golfe de Gabès et qui gagne de plus en plus tous les fonds marins côtiers de Zarat (gouvernorat de Gabès) à Mahrès (gouvernorat de Sfax) et bien d’autres lieux.

Nous nous trouvons devant des conventions internationales non respectées, une flagrante absence du contrôle sur les navires, bien que la rigueur est partiellement respectée par la compagnie TRAPSA à son terminal pétrolier de Skhira, mais que pour les vieux bâtiments pétroliers où les eaux de ballast sont déversées dans des bassins pour « la mise en quarantaines » en vue de les débarrasser des éléments de menace acheminant dans ces eaux.

En effet,
En 2004, l’Organisation Maritime Internationale (OMI) a adopté la Convention Internationale pour le Contrôle et la Gestion des Eaux de Ballast et Sédiments des Navires connu sous le nom Convention BWM. Elle est entrée en vigueur 12 mois après la ratification par 30 états représentant 35 % du tonnage brut de la flotte mondiale des navires de commerce.

Aperçu des exigences de la Convention BWM.

La Convention BMW est le diminutif communément utilisé pour faire référence à « la Convention Internationale pour le Contrôle et la Gestion des Eaux de Ballast et Sédiments des Navires » adoptée par l’Organisation Maritime Internationale (OMI) en février 2004.

La Convention BWM est composée de 22 articles et d’une annexe incluant 5 sections (A à E). Depuis l’adoption de cette Convention et dans le but d’encourager sa mise en place, 14 directives techniques ont été développées à l’attention des autorités portuaires, des armateurs, des états du pavillon, des équipementiers et les sociétés de classe.

Les principaux articles de la convention BWM

L’article 2 « Obligations générales » :

Les parties s’engagent à donner pleinement effet aux dispositions spécifiées dans la Convention, afin de prévenir, de réduire au minimum et, en dernier ressort, d’éliminer le transfert d’organismes aquatiques nuisibles et d’agents pathogènes grâce au contrôle et à la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires.

Une Partie peut individuellement ou conjointement avec d’autres Parties prendre des mesures plus rigoureuses en conformité avec le droit international

L’article 5  » Installation de Réception des Sédiments »
(seule la TRAPSA au port pétrolier de Skhira respecte cet article) :

Chaque Partie s’engage à assurer la mise en place d’installations adéquates de réception des sédiments dans les ports et dans les terminaux qu’elle a désigné et où ont lieu le nettoyage ou les réparations de citernes de ballast, compte-tenu de la directive G5 élaborée par l’Organisation Maritime International.

L’article 6 « Recherche Scientifique et Technique et Surveillance » :

Les Parties s’efforcent, individuellement ou collectivement, de promouvoir et faciliter la recherche scientifique et technique en matière de gestion des eaux de ballast et de surveiller les effets de la gestion des eaux de ballast dans les eaux relevant de leur juridiction.

L’article 9  » Inspections des navires » :

Un navire auquel s’applique la Convention peut être inspecté par des agents dûment autorisé par l’Administration peuvent:
• Vérifier que le navire a à bord un certificat valide et un Plan de Management des Eaux de Ballast approuvé,
• Inspecter le registre des eaux de ballast,
• Prélever des échantillons de l’eau de ballast du navire conformément aux Directives de l’OMI.

La Partie qui effectue l’inspection prend les mesures nécessaires pour empêcher le navire de rejeter l’eau de ballast jusqu’à ce qu’il puisse le faire sans présenter de menace pour l’environnement, la santé humaine, les biens ou les ressources.

Quand le ministère de l’environnement (le ministre même a bien lu mon rapport depuis plus de 6 mois) ?
Quand l’ANPE saisie directement par une présentation dans son siège ?
Quand l’Institut National des Sciences et des Technologies de la Mer à Salambo, qui cherche encore depuis des mois le « nom latin » du crabe invasif (d’après le journal le temps).
Quand la marine marchande avertie par l’ANPE suite à ma présentation ?

Quand toutes ces administrations vont donner de l’importance qu’il fallait à ce phénomène grave et dangereux pour arrêter cette « épidémie » et pour protéger notre mer et nos ressources halieutiques d’extinctions et de perturbations ?